Cette élite qui n’a pas besoin de dormir

Tout le monde en connait quelques-uns: les gens qui se couchent tard, se lèvent tôt, et pourtant ils ne se sentent pas fatigués durant la journée, sans siestes et sans devoir se doper à la caféine. On ne peut que les envier.

Appelons-les les short sleepers. Ce sont les lève-tôt et les couche-tard en même temps. Dormir c'est un gaspillage de temps pour eux. Ils se couchent après minuit et se lèvent quelques heures plus tard, pleins d'énergie et d'enthousiasme pour la journée qui les attend.

En général, ce sont des gens optimistes, ambitieux et surtout efficaces. Ce qui n'est pas très étonnant, vu qu'ils ont tout simplement plus de temps pour faire un tas de choses bien plus intéressantes que dormir.

Mais détrompez-vous, ils ne sont pas si nombreux que ça: les vrais short sleepers représentent seulement 1 à 3 % de la population. Par contre, à peu près un tiers de la population sont les faux short sleepers: les personnes étant en privation chronique du sommeil qui dorment moins que les 7 à 8 heures recommandées. Sur 100 personnes qui dorment 5 ou 6 heures par nuit, seulement pour 5 cette durée est vraiment suffisante. Ces personnes ne dorment pas plus même quand elles en ont l'occasion, tandis que les faux short sleepers s'accordent une grasse matinée, le week-end ou pendant les vacances.

Très peu de recherches scientifiques sont consacrées aux short sleepers. La raison principale c'est qu'ils sont difficiles à trouver. Ils ne se considèrent pas comme malades, ils ne s'adressent pas aux médecins car le sommeil ne leur manque pas.

Néanmoins, quelques chercheurs essaient de trouver comment le corps des short sleepers arrive à limiter la durée du sommeil, et pourquoi celle-ci varie d'une manière si importante chez les humains. Leur but à long terme est d'apprendre à manipuler le sommeil, une chose pour l'instant impossible.

Dr. Ying-Hui Fu de l'Université de Californie à San Francisco a découvert une variation génétique chez plusieurs short sleepers en 2009. Plus concrètement, il était en train d'étudier des lève-tôt extrêmes quand il s'est aperçu qu'une mère et sa fille se levaient toutes les deux régulièrement à 4 heures du matin, tout en se couchant vers minuit. Après avoir réussi à introduire ce gène dans une souris, il a observé que celle-ci avait aussi commencé à avoir besoin de moins de sommeil.

Les chercheurs ont constaté quelques points communs des short sleepers: en général, leur rythme quotidien est différent, tout comme leur humeur (plutôt positive) et le métabolisme (ils sont plus fins que la moyenne, même si une privation de sommeil est souvent la cause de l'obésité). Ils ont aussi le seuil de tolérance à la douleur plus élevé et sont psychologiquement résistants. Ils font souvent plusieurs choses en même temps. Il n'est pas exceptionnel qu'en passant un coup de fil, ils surfent sur Internet et jouent au sudoku en parallèle.

Parmi les shorts sleepers célèbres on peut voir les noms comme Benjamin Franklin, Thomas Jefferson ou Leonardo da Vinci qui étaient tous trop occupés pour dormir. Aussi Winston Churchill et Thomas Edison étaient connus pour leurs nuits très courtes mais on sait qu'ils faisaient des siestes ce qui est plutôt un signe d'un manque de sommeil.

Et vous, combien d'heures de sommeil il vous faut? Pensez-vous dormir suffisamment? Connaissez-vous un short sleeper?

Question bonus: quelle serait votre traduction de short sleeper? (Car je n'ai pas réussi à trouver le bon mot en français…)

 

 

 

 

Laisser un commentaire